i could never be a dancer
Vendredi 29 février, la compagnie “i could never be a dancer” présentait à la Cartonnerie, la création “French Paradox“. lefondetlaforme.fr a rencontré pour vous les chorégraphes Carine Charaire et Olivier Casamayou.
LF & LF : Pour commencer, peut-on en savoir plus sur vous…
Olivier Casamayou : Nous sommes un duo de chorégraphes parisiens, travaillant sur des champs plus élargis que ceux de la stricte chorégraphie puisque nous travaillons aussi sur la scénographie, la lumière, des installations dans des musées, galeries, etc… Nous avons également fait des défilés de mode.
LF & LF : Parlez-nous de la raison de votre présence ce soir à la Cartonnerie…
Olivier Casamayou : Nous présentons une installation qui fait intervenir la danse et qui travaille sur l’apparition du live dans un contexte où on ne l’attend pas forcément.
LF & LF : A l’heure où nous faisons cette interview, nous n’avons pas encore vu l’installation, que pouvez-nous dire sans trop en dévoiler ?
Carine Charaire : Difficile d’en dire beaucoup, si ce n’est que c’est vraiment quelque chose à expérimenter, puisqu’on travaille sur ça : comment le spectateur appréhende le live et quel cadre lui donner. On travaille beaucoup là-dessus, comment apparaît le live. Décrire la performance n’est pas forcément lui rendre service, je pense.

LF & LF : Revenons-en au projet en lui même, comment s’est il mis en place ?
Olivier Casamayou : La Cartonnerie est productrice. Elle nous a fait confiance sur ce projet et nous a proposé la collaboration avec Yuksek, chose dont on est hyper ravi . Par la suite, on espère voir l’installation tourner dans d’autres lieux comme des musées, galeries, soirées…
Carine Charaire : C’est une projet autour duquel on travaille un petit moment, avec cette idée du cabaret, qui a quand même pas mal évoluée depuis puisqu’on s’est rendu compte que ce n’était pas une forme qui nous intéressait vraiment. On cherchait à exploiter ces codes, la sexy attitude,…
Olivier Casamayou : En fait dans toutes nos installations, nous travaillons sur le spectaculaire en le mettant en cause, en l’interrogeant mais sans le réduire. C’est à dire que l’installation est à la fois une réflexion sur les enjeux du spectaculaire et, en même temps, reste spectaculaire. Ce n’est pas une réduction du spectaculaire mais un jeu autour. On essaye d’être entre l’œuvre critique et la forme efficace.
Carine Charaire : Il y a toujours un cadre qui est définit en réaction avec le spectateur. C’est à partir de ça surtout que se définissent nos pièces, avec souvent un côté très efficace visuellement.
Olivier Casamayou : On aime beaucoup travailler sur la culture pop, on a travaillé sur le vidéoclip (Expo Playback, ndr) et là on travaille plus sur la Pole Dance. On a donc comme point de départ sur ces deux installations, une danse soit disant vulgaire, appartenant à la sous-culture, avec laquelle on essaye de mettre en jeux d’autres questionnements.

LF & LF : Vous avez évoqué brièvement la collaboration avec Yuksek, peut on savoir comment ça s’est passé ? Quel dialogue s’établit-il entre vous, chorégraphes, et la personne chargée de la musique ?
Olivier Casamayou : C’est avant tout un échange de…
Carine Charaire : mails ! (rires)
Olivier Casamayou : On a tout fait à distance. Pour la première fois aujourd’hui nous avons pu nous voir en studio mais c’est vraiment ces 3 derniers jours qu’on a tout bouclé.
LF & LF : La musique n’est donc pas le point de départ de la chorégraphie ?
Olivier Casamayou : Il y a des bases sur lesquelles on a travaillé avec les danseurs. Après, les danseurs improvisent pas mal. C’est assez marrant puisque Merce Cunningham, non pas que nous souhaitions être dans la lignée de Merce Cunningham, mais les danseurs répétaient sans rien savoir de la musique et la découvrait le soir même. Il y avait cette idée d’aléatoire, ce que nous ne recherchons pas vraiment.
Carine Charaire : C’est plus pour le fait d’être libre. Libre de changer un morceau par un autre. On fonctionne plus comme une maison de mode, avec des saisons et des choses différentes selon les inspirations du moment.
Olivier Casamayou : On a besoin de changer en permanence, de réajuster selon les envies, l’actualité, l’air du temps,… et de faire évoluer la musique, le stylisme, les interprètes…etc. Rien n’est fixe.
myspace.com/icouldneverbeadancer
ITW : Antoine C.
Photo : Rémi B.
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